Conversion.

01/04/2016 08:41 par saccas-roi

Vous ne changerez, peut-être, qu'en éprouvant de la compassion à l'égard de vous-même. Vous n'allez pas dans le mur, vous avez le nez dessus et le contact se révèle dur, âcre et gluant par endroits. Vous faites ce qu'on vous a appris et ce que vous ressentez. Comme dans tout jeu, il y a un niveau supérieur et vous vous tendez pour atteindre la grande détente.

Madame La Juge.

31/03/2016 10:24 par saccas-roi

 Je lui ai dit, à Madame, que je n'agissais que contre ma volonté, ne faisant que ce que je ne souhaitais pas et ne faisant pas ce que je jugeais bon et utile. L'Homme existe pour le souci. La sagesse ressemble à des publicités tautologiques : bannissez les soucis donc plus de soucis ! Tout résiste à ce détachement. Elle en a conclu que je devenais humble !

Vendeurs et divergences.

30/03/2016 09:30 par saccas-roi

Le premier vendeur de la boutique me donne des informations d'un ton assuré. Le second me fournit d'autres informations, assez expéditif. Le technicien, au téléphone, très sympathique, a un discours très différent et plus précis, mais ce ne sont pas exactement les mêmes conseils que ceux du manuel d'instruction. Courant d'une parole à une autre, transpirant et énervé, j'ai fini par faire fonctionner la TNT-HD. Ouf ! 

Lundi de Pâques.

29/03/2016 08:54 par saccas-roi

Tout est accompli mais c'est un jour de pluie et de tempête. Nous sommes un peu tristes et ne pouvons marcher. Ce café, Porte Maillot, coûte très cher. Le Bois de Boulogne paraît lointain. Nous ne sommes nulle part, pas de lieu où reposer sa tête. On en a une grosse et ça pèse. Qu'en est-il de la Haute Définition?

Pâques.

28/03/2016 10:15 par saccas-roi

C'est Pâques. On cherche des oeufs dans les pâquerettes. C'est une fête enrubannée pour les enfants, rose et bleue. Elle est triste, puis, elle est joyeuse. Christ est ressuscité. Les oeufs sont la sphéricité retrouvée du monde. Une belle dame a trouvé un tombeau vide. Jean aime bien parler de lui-même. Il est aimé. Il est sauvé.

Commandements.

27/03/2016 09:47 par saccas-roi

Tout le monde exerce une emprise sur chacun. Les parents inscrivent l'enfant dans leur vision du monde. Le langage, l'école, le travail instaurent des cadres obligatoires. Il faut se plier aux désirs des amis, des voisins, des divers organismes. Il faut sans cesse composer avec la famille. Nos rebellions nous embrouillent. Alexandre avait raison. Pour dénouer le noeud gordien, il faut le trancher. Avec quelle lame ? 

Malaise.

26/03/2016 09:08 par saccas-roi

Tous aimables les uns avec les autres. On se claque la bise. Mais le chef est taciturne. Il organise et commande. Les dialogues sont longs et répétitifs, j'en oublie un sur trois. Je m'ennuie un peu. Heureusement, avec Sofia, le courant passe, on parle de cinéma. Je dois jouer avec une ridicule perruque Louis XV. J'ai besoin d'être là, sinon c'est le vide. On passe plutôt un bon moment mais ce n'est pas le pied.

Sports en salle.

25/03/2016 08:40 par saccas-roi

Il pénétre, bien vêtu, dans la salle de Fitness, puis ressort des vestiaires avec un vieux jogging et d'antiques tennis. Il contemple, étonné, les grands baraqués, tatoués de la tête aux pieds. On dirait des guerriers. Des personnes corpulentes pédalent comme des dingues. Il admire les jeunes filles très sveltes, qui se défoncent à courir sur les tapis. Elles portent toutes une queue de cheval. Lui, tranquille, il regarde le tableau des calories perdues.

Lecture.

24/03/2016 10:19 par saccas-roi

Tandis qu'il leur lisait son texte, il avait l'impression, sauf pour une personne, de se trouver devant un tribunal ou un jury d'examen. Ils pinaillaient sur tout, les expressions, les mots, la ponctuation. Comme si leur désir était de refaire une page médiocre ou d'écrire la leur. Il a vite compris que l'impression qu'il cherchait à leur communiquer, ne les intéressait pas du tout.

Françoise Sagan.

23/03/2016 09:27 par saccas-roi

Toute la vie de Françoise Sagan, pourrait se résumer par le titre de son premier livre Bonjour Tristesse. Dès le départ, c'est un appel vers ce mode d'exister. Et la tristesse s'installa, ce fut son objet d'amour. Elle la cultiva jusqu'à l'apogée de cette passion qui fut le désespoir. La drogue et l'alcool n'étaient que des adjuvants. Elle se savait ni belle ni grande écrivaine. Elle avait du charme et du talent. Cela ne pouvait lui suffire.