Danse sacrée.

11/11/2015 09:53 par saccas-roi

Dans ce ballet, sans doute originaire d'Asie centrale, on voit un homme très droit, vêtu d'un kaftan, d'un bonnet de fourrure et de bottes. Il danse sur place, comme une marche scandée. Son visage est impassible. Autour de lui, d'autres personnages tournent et s'agitent dans tous les sens, ayant perdu leur axe de gravité. On peut m'identifier parmi eux. Parfois, je me relève et je repars dans le tourbillon.

Temps des Tyrans.

10/11/2015 09:23 par saccas-roi

On nous perce de tuyaux comme les égouts de la capitale. Le sang dans les latrines illumine le ciel romain. Les empereurs sont débonnaires mais ils tuent et mentent. Ils sont pervers comme une truie sur une truffe. Ils seront là tant qu'il faudra et quand leur temps ne sera plus, ils éclateront dans la nuit brune et leur queue de filasse s'arrimera sur la Lune. 

Asphalte.

09/11/2015 09:59 par saccas-roi

Asphalte, film de Samuel Benchetrit. Imaginons le trou le plus perdu qui soit en zone urbaine. Immeubles délabrés. Anus Mundi. Des gens, comme sur le radeau de la Méduse. L'adolescent qui se cherche, l'actrice sur le retour, le paralysé pseudo-photographe qui se lève pour rencontrer la soignante paumée. No future pour l'Aventure et pourtant l'amour passe entre eux. Cela ira où ça peut. Tant pis, tant mieux, la passion humaine saigne de partout.

Les poissons rouges.

08/11/2015 09:28 par saccas-roi

Puisque l'Univers se déroule dans ses déflagrations galactiques, laissons-le s'agiter dans le bocal de poissons rouges, refilons-le dans le plat du chien, proposons-le dans le menu à cinquante euros d'un restaurant chic, ayons grâce à lui le prix Goncourt, soyons animateur-vedette d'une émision de télévision. On ne baigne jamais deux fois dans le même chaos. La guerre est, selon Heraclite, le papa de toute chose. Faut s'y faire.

La Traverse.

07/11/2015 09:14 par saccas-roi

 lI existe à Paris un autobus étroit qui se nomme La Traverse. Ce jour-là, il était conduit par une jeune femme charmante, venue de l'Oise. Elle se trouva bloquée derrière un camion de pompiers, rue Joseph de Maistre, penseur réactionnaire. Elle revint en arrière et remonta jusqu'à La Fourche, bien nommée et prit la rues des Dames. Un vieux monsieur excentrique nous apprit que les oies gardaient mieux que les chiens. Boileau le sut à ses dépens. Nous descendons à Tocqueville, penseur libéral. La boucle était complète.

L'écriture.

06/11/2015 08:17 par saccas-roi

L'écriture vous possède. Vous vous moquez du métier d'écrivain, vous désirez être lu mais se faire publier suppose de lourdes tâches matérielles et humaines. Il faut solliciter, plaire, serrer des mains et signer pour tante Jeanne. Gagner des sous, je suis d'accord, le jeu en vaut-il toujours la chandelle ? Le flot des mots, leur arrangement existe en nous, comme la musique ou la toile. Ils surgissent gratuitement. Les prophètes n'étaient pas payés.

Les écrivants.

05/11/2015 09:21 par saccas-roi

lIs se réunissent pendant deux heures et se soumettent à des exercices d'écriture. Alors, ils rédigent, ligne après ligne, faisant appel à toutes les ressources de leur imagination. Ils inventent des histoires. On peut se demander si cela est de la littérature ou plutôt de la psychologie simple, à la hauteur de faits divers, du récit anecdotique. Ni la tête ni le coeur ni les tripes ne se répandent sur ces pages. C'est un début.

Un nouveau Panthéon.

04/11/2015 09:30 par saccas-roi

J'ai visité le lieu où s'érigent les divinités de l'ordinateur. J'ai touché les statues d'internet explorer, de google chrome, de mozilla firefox, de microsoft. J'ai contemplé les pages web, les paramètres, java, adobe reader,word et le panneau de configuration. Je me suis senti en interaction avec toutes ces beautés froides. Les messages ont retenu mon attention. Et quand je suis sorti à l'air libre, j'étais abruti.

l'âge de fer.

03/11/2015 09:41 par saccas-roi

 lI regarde, en tant que grand-père, le père aux prises avec ses deux enfants en bas-âge. Le père court de l'un à l'autre, il est attentif et jamais tranquille. C'est un chaos qu'il faut organiser. Demain, il les conduira très tôt à la crèche et à l'école, il ira à son bureau pour y travailler dix heures d'affilée et au déjeuner, il entendra quelque propos raciste. C'est l'âge de fer.

Sur Woody Allen.

02/11/2015 10:22 par saccas-roi

L'Homme Irrationnel, de Woody Allen, louche vers Hitchcock, sans la rigueur du Maître. La vision d'Allen, dans son pessimisme même, devient de plus en plus mondaine. La désillusion verse dans le pire, de manière peu crédible. Un professeur dépressif ne vire pas nécessairement au tueur en série. Au final, il tombe dans la cage de l'ascenseur. Puissant symbole ! Les actrices agacent, J. Phoenix est excellent. Il y avait chez Hitchcock une souveraineté, absente chez Allen. Ayant réussi et vielli, il ne s'en remet pas.