Négativité
19/09/2015 09:41 par saccas-roi
Décrire les méandres de la réalité, ses défaussements, ses déviations, ses erreurs, ses contresens, ses manques, ses impasses, ses horreurs et son côté tragique. Une pareille démarche accrédite ce qui précède et n'est peut-être pas une bévue mais une faute. On surligne, on surjoue l'imparfait du monde et du coup ce monde nous tient plus enserrés dans notre passé.
dureté
18/09/2015 09:10 par saccas-roi
Dheepan, de Jacques Audiard, un film très dur. Des émotions sont décrites et développées mais simplement montrées. Le regard froid du cinéaste bloque notre adhésion. Les personnages peuvent être désespérés, gais, aimant, mais pas nous. On assiste au déroulement de ces aventures humaines avec l'oeil d'un médecin-légiste dans un hôpital sans fenêtre. Cependant, il y a un happy end.
retour de bâton
17/09/2015 09:32 par saccas-roi
Je suis heureuse, dit Faustine : " Depuis que vous avez quitté le groupe, le metteur en scène est à l'heure, la directrice a mis en place costumes et décor. Les personnages jouent parfaitement leur rôle qu'ils savent par coeur. Nous avons deux nouveaux acteurs, vous êtes remplacés. Le show goes on. Je vous aime beaucoup et regrette votre départ."
vers la méditation
16/09/2015 09:24 par saccas-roi
La première difficulté de la méditation : ne rien faire, ne pas penser, au mieux. Ceux qui tentent le savent. Ce que l'on dit moins est la culpabilité ressentie. Cette suspension des actes dits naturels est mal considérée. Primo, on devient inutile au groupe et simultanément on court le risque de ne plus se sentir exister. Deux périls en la demeure du moi, difficiles à surmonter car le plaisir du silence même, parfois, ne suffit pas.
des pervers imaginaires
15/09/2015 08:45 par saccas-roi
Il trompait sa psychanalyste avec sa femme, vivant avec cette dernière. C'était une question d'argent, plus riche que lui, elle lui payait son analyse avec ses propres chèques. Cela amusait Jeanne, la praticienne didacticienne lorsqu'elle chevauchait son patient et le cravachait pour qu'il atteigne la cîme du ça, spectacle sublime d'où l'on domine les ravines grognonnes du superego et les savanes pelées du môa.
ce dimanche
14/09/2015 08:44 par saccas-roi
L'épouse s'est rendue à la messe. Les soucis sont sous la carpette. On aspire au sang neuf, à la résurrection. Malgré la pluie des rues, des gens à peine couverts, courent en dératés. Je regarde la dame chapeautée qui traîne son caddy. Les poireaux contiennent l'Histoire de France. Aujourd'hui, rien à faire. Alors, que faire ? Au nom de la persévérance et du fil qu'on veut tirer, on vous le dit : comptez tous les moutons ! L'homme est le berger de l'être.
braderie de livres
13/09/2015 09:47 par saccas-roi
Ce n'est pas une sinécure que de vendre des livres sous la pluie. Ils se cachent sous de vieilles toiles ou se trempent définitivement. On est debout, on attend, on surveille le ciel et les passants qui jettent un regard distrait ou marchent sans les voir. Ce qui les intéresse, ils les touchent, les déposent ou les veulent pour presque rien. Mon amabilité me quitte, sauf pour quelques braves gens. Je brade, les autres je les entasse dans un coin et me casse, manger une pizza bien chaude, hors des éléments et des hommes.
les gardiennes
12/09/2015 18:05 par saccas-roi
Les gardiennes d'immeubles nous racontent souvent la même histoire. Elles rentrent de vacances. Il faisait trop chaud. Elles ne sortaient pas de leur maison, remplie de petits qu'il fallait prendre en charge. Elles avaient hâte de retravailler ici. D'ailleurs, elles ont toujours travaillé, depuis l'âge de dix-ans. Elles sont actives malgré les maladies et iront jusqu'au bout de leur force. Le mari est invisible, il travaille dehors. Les enfants sont partis.
La souveraineté
12/09/2015 08:14 par saccas-roi
Certaines personnes accèdent à la souveraineté, sans pour autant être dans la toute-puissance. Elles sont semblables à des statues vivantes, symboles de l'humain. Dans la parole et le silence, la joie et la douleur, elles conservent un centre de gravité qui permet à leur regard d'être au delà des contigences. Tel est l'acteur Michaël Caine dans Youth de Sorrentino.
la directrice
11/09/2015 08:48 par saccas-roi
Elle était belle ; à mon goût, elle incarnait une femme de pouvoir, avec son casque blond, ses traits un peu marqués et durs, ses yeux bleus et ses formes parfaites, son élégance. Je m'en méfiais, d'autant qu'elle dirigeait d'une main de fer sous un gant de pelouse, une maison pour personnes âgées. Mais elle avait souffert dans son corps, pouvait se montrer compatissante et s'investir dans un service rendu. Maintenant, elle me plaît beaucoup.