le petit-fils

10/09/2015 09:34 par saccas-roi


Il craignait que son petit-fils, alors très jeune enfant, ne l'aimerait jamais. Hildefonse ne l'embrassait pas, ne lui disait ni bonjour ni au revoir, sans être franchement hostile ni désagréable, plutôt indifférent. Mais lui, il est cool et carré. Appliquant ces deux attitudes, il résolu la quadrature du cercle. A présent, les deux s'aiment paisiblement, non pas à la bonne franquette mais en confiance.

craquement

09/09/2015 09:37 par saccas-roi


Le docteur dit, après avoir hésité, que le bobo est revenu et que le corps est semblable à un vieux pantalon qu'on recoud d'un côté et qui craque de l'autre. C'est embêtant parce que derrière le pantalon, il n'y a rien d'autre que le moi, ce machin souvent décousu lui aussi.

dernière répétition

08/09/2015 09:56 par saccas-roi


Il a éclaté en pleine séance de répétition. Il y avait encore des absents. Le metteur en scène ne vient qu'à la fin et décide à voix basse, de supprimer des scènes dont la première et la dernière. La directrice gouverne tout. Donc, il en a eu assez et l'a fait savoir. On ne l'entendit point et un acteur lui dit : "barre-toi !". Ce qu'il fit. Un poids en moins. De nombreux groupes sont totalitaires.

une amie lointaine

07/09/2015 09:35 par saccas-roi


Dominique, comme tant de personnes dont vous souhaitez approfondir le contact. Mais vous ne pouvez l'atteindre. Son mari a eu une grave maladie, son ado de belle-fille lui pourrit la vie, les clients se décommandent, elle conduit son fils au cours d'équitation. Elle n'est pas disponible. Pourtant, elle vous aime bien et s'informe de vous par texto.

Anniversaire

06/09/2015 09:45 par saccas-roi


Ils déjeunent à l'occasion de son anniversaire, dans le restaurant d'un grand Palais. La table est dressée derrière d'immenses statues de déesses. D'être là, il a aussi atteint un but. Lequel ? Silence ésotérique. L'épouse, le fils et les enfants sont heureux. Seule, la belle-fille semble sourire dans un rictus de bouche tordue. Isis et Athéna donnent leur présence. Nous sommes à l'ombre des grandeurs reconstituées, dans ce fleuve temporel, coulant dans nos veines.

Amnésie

05/09/2015 09:48 par saccas-roi


Jean Dupont est vêtu d'un costume gris d'excellente coupe. Il apporte les médicaments pour sa mère sénile, qu'i veut maintenir à domicile. La couleur de ses cheveux n'a pas changé  depuis ses vingt ans. Il en a soixante et ressemble à un vieux jeune homme de trente ans. Une mère qui oublie, un fils sur qui le temps n' a pas d'emprise. Le père est mort, peut-être avec son ironie coutumière. Jean n'a pas d'enfant, je ne lui connais pas de partenaire. Arrêt sur image quand sa mère demande si on est bien là où on est.

vraiment nouveau

04/09/2015 09:01 par saccas-roi

Un film : Le Tout Nouveau Testament, de Jaco Van Dormael. Je suis ébahi par l'originalité du film qui navigue dans l'Imaginaire, avec une précision totale. Tout est juste au sein de l'incongru. Certes, en arrière-plan, il y a un contenu qui me semble être le retour à la Déesse-Mère et où l'on voit que le monde où nous vivons n'est qu'un parmi tous les univers humains possibles. Une authentique oeuvre d'art.

Chine et poésie

03/09/2015 08:54 par saccas-roi


Un serveur chinois qui s'adresse à nous sur un ton miltaire. Il pose les plats avec sécheresse et précision. Mais il est très sympathique. Puis, le jardin des poètes, porte d'Auteuil. Toutes ces plaques de rêveurs, le temps les efface. Les enfants ne semblent pas les voir, ils essaient leur patinette sur l'herbe. Les mères veillent sur eux et la poésie sur les pelouses.

Sur le rock

02/09/2015 08:52 par saccas-roi


Il adora le rock, surtout celui des années 50-70. Il y trouvait le souffle de cette joie tragique où parfois l'insignifiant atteint le sublime par le miracle mêlé du cri et de la tendresse des voix, et leur perfection car nul n'a su égaler la plénitude des voix d'Elvis, de  Gene Vincent ou de Janis Joplin. Mais, à présent il en est un peu revenu et n'y trouve souvent qu'un énervement qu'il juge vain.

Anima

01/09/2015 08:38 par saccas-roi


Elle a remarqué qu'en parlant, je devenais plus vivant. Je décrivais ma rencontre avec mes fondamentaux, en dehors des codes formatés. Rencontre avec l'amour sans projet dans le temps, rencontre avec la pensée sans l'université, rencontre avec l'expression théâtrale sans souci de représentation, rencontre avec les rues inconnues d'une ville sans but. Bref, la gratuité de l'être dans son apparition, toujours et encore.